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« Mon EHPAD, mon domicile »


Publié le Lundi 11 Octobre 2021 à 16:03

Actuellement à la tête de 101 établissements, dont 69 EHPAD, le GROUPE SOS Seniors entend poursuivre sa croissance via une offre diversifiée. Maryse Duval, sa directrice générale, nous présente la stratégie à horizon 2025-2030 et les contours de ce que devra être, selon elle, l’EHPAD de demain.


Maryse Duval, directrice générale du Groupe. ©DR
La crise sanitaire a éclaté alors que votre groupe commençait à travailler sur sa stratégie à horizon 2025. Quel a impact a-t-elle eu sur vos réflexions ?
Maryse Duval : Nos agendas ont été complètement bouleversés et nous avons dû mettre de côté nos travaux, pour nous concentrer exclusivement sur la gestion de cette crise. Dans un secteur qui attend toujours sa loi, la pandémie est venue nous rappeler, très violemment, que rien n’est jamais acquis. Si nous avons appris à travailler vite et à faire preuve de réactivité, nos ambitions pour les années à venir sont quant à elles demeurées intactes. Nous poursuivons, d’une part, un objectif de croissance très forte, avec la reprise de plusieurs EHPAD, mais également de résidences autonomie et de résidences hôtelières à vocation sociale. En parallèle, nous comptons développer notre concept « Mon EHPAD, mon domicile ».

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce dernier ?
Notre approche repose sur le principe qu’un EHPAD n’est ni un hôtel, ni l’hôpital. D’un point de vue architectural par exemple, cela se traduit par une capacité à proposer des chambres personnalisées et les plus confortables possibles. Concernant l’accompagnement, l’idée est de favoriser l’autonomie et l’utilité sociale des résidents, au travers d’approches telles que Montessori ou l’Humanitude. Enfin, nous souhaitons engager un travail collectif sur la question de la fin de vie. La crise sanitaire nous a rappelé combien cette réflexion est essentielle, dans une société qui n’est par ailleurs pas à l’aise avec la mort. Nous souhaitons nous y engager, réfléchir à la manière d’aborder ces questions avec les résidents et leurs familles, afin qu’ils soient accompagnés au mieux dans cette dernière étape, par des équipes formées, disponibles et qui apportent également leurs compétences.

Plus globalement, quelle vision avez-vous de l’EHPAD du futur ?
Je pense que l’EHPAD de demain sera amené à changer son offre de services. Déjà, il se devra d’être connecté pour répondre aux envies de ses résidents. Ces derniers devront ainsi avoir la possibilité de commander une pizza en provenance de l’extérieur, une bouteille de vin, ou de regarder un film sur Netflix… Comme à la maison ! Tout cela sous-entendra beaucoup plus de souplesse dans les organisations. Et aujourd’hui nous n’en sommes qu’aux balbutiements !

L’EHPAD n’est donc pas un modèle en fin de vie.
C’est une hérésie de dire que l’EHPAD est mort, car il y a aura toujours une catégorie de la population qui aura besoin de ce type de structure, que la raison soit liée à des problématiques de forte dépendance ou d’isolement social. C’est en proposant une offre d’accompagnement multiple et variée, capable de s’adapter au contexte de chacun, que notre société parviendra à s’adapter au vieillissement de la population. Et l’EHPAD y a toute sa place. Mais c’est également pour cette raison, et pour respecter la vie et les envies des personnes, que nous travaillons sur d’autres modèles, que ce soit en réinvestissant le champ des résidences autonomie avec Énéal, filiale du groupe Action Logement, ou en réfléchissant à d’autres formes de cohabitations, comme par exemple de petites unités de vie réparties dans les territoires ruraux, en marge de notre programme d’action territoriale « 1 000 cafés ».

Article publié dans le numéro de juillet d'Ehpadia à consulter ici



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